Alors qu’une religion devrait servir à relier l’Homme au divin, à relier les êtres entre eux, puisque chacun est issu et fait partie du divin, qu’observe-t-on trop souvent dans la pratique?

Le fanatisme religieux conduit notamment certains dévots aveuglés à des actes tels que les suivants :

  • décapitation d’astrologues, de voyants ou de cartomanciens pour sorcellerie;
  • ostracisme et génocide de certaines ethnies sous le prétexte que l’on appartient à une prétendue « race » supérieure;
  • guerres pour convertir les « incroyants », croisades, inquisitions…;
  • abaissement de la femme au rang d’objet sexuel et de servante de l’homme;
  • sectarisme, exclusion, ségrégation, division…;
  • etc.

Comment un être humain censé et aimant, un être humain qui se réclame d’un lien avec la divinité peut-il s’imaginer que « Dieu »  puisse recommander de tuer, d’abaisser ou de diviser ce que lui-même a créé, élevé et réuni?

Pourquoi le créateur des Hommes, des animaux, des végétaux, des minéraux, de la Terre, des autres planètes, des étoiles, des galaxies et de l’univers aurait-il la moindre volonté de détruire ce qu’il a lui-même engendré?

Pourquoi, si le Créateur a été assez puissant pour créer l’Univers, n’aurait-il pas le courage d’assumer lui-même de tels assassinats et crimes au lieu de les déléguer à certaines de ses créatures?

Pourquoi?

La réponse est double :

  • L’Homme qui pervertit ainsi sa propre divinité démontre son absence d’intelligence et d’amour, et l’imbécillité et le manque d’amour peuvent le conduire aux pires excès et aux actes les plus illégitimes.
  • Un prétendu dieu qui réclame la vengeance, l’extermination d’ennemis ou d’incroyants, le respect de règles débiles et infantiles propres à abaisser l’intelligence et le statut de l’homme ou de la femme, l’exclusion d’une partie de la Création du reste de cette même création, et d’autres absurdités indignes du divin n’est tout simplement pas Dieu, mais un usurpateur, une entité démoniaque qui veut se faire passer pour lui, ou tout simplement un homme qui a inventé un dieu à son image.

Dans les faits, sur Terre, il n’existe officiellement pas d’autre race humanoïde intelligente que la race humaine elle-même et dans son ensemble. Il n’y a aucune « race élue » si ce n’est l’Humanité dans son ensemble. Les différences génétiques entre les différents êtres humains sont inférieures à 0,1 % (une partie pour mille) et il peut y avoir autant d’écart génétique entre deux frères qu’entre des Papous et des Caucasiens. Les différences ethniques d’une région à l’autre de la planète ne le doivent pas à l’ADN, mais à l’adaptation hormonale millénaire au milieu, milieu qui varie d’une région à l’autre.

Dieu ne serait pas assez stupide pour gaspiller une partie de sa création et n’en retenir, n’en élire, qu’une autre. Il ne serait pas haineux au point de rejeter une partie de sa création sous quelque prétexte que ce soit. Son Amour inclut la totalité des êtres. Il est inclusif et non exclusif.

Dieu ne serait pas assez impuissant pour avoir besoin d’un livre soi-disant divin, quel que soit ce livre, pour se faire connaître à ses créatures. Dieu est en chacune de ses créatures. Chacune de ses créatures est une émanation et une partie de lui. Chacune de ses créatures est divine à son image, et parfaitement capable de reconnaître seule sa divinité. Il lui suffit d’ouvrir son cœur divin, son esprit divin, sa conscience divine… juste d’ouvrir et non de se fermer à ses frères et à ses sœurs. Chaque fois que nous nous fermons un peu plus à l’autre, nous nous fermons un peu plus à Dieu et à notre potentiel divin. Au contraire, chaque fois que nous nous ouvrons sincèrement et spontanément à l’autre, nous nous rapprochons du Créateur et de notre essence divine.

Comme réponses, on a le choix :

-       parce que Dieu l’a voulu ainsi (on se demande alors pourquoi il l’a voulu ainsi et pas autrement et pourquoi tant d’êtres souffrent dans leur propre vie);

-       parce que c’est le fruit du pur hasard depuis la création du Big bang (on ne sait cependant alors pas ce qu’il y avait avant ce Big bang);

-       parce que la vie est le principe fondateur de l’univers manifesté. Ouf ! Ici, cela demande quelques éclaircissements qui par leur nature risquent autant de compliquer les choses. La question est-elle simple ? La réponse doit-elle l’être ?

La seule approche qui semble pouvoir concilier l’idée d’une sorte de Créateur plus ou moins intelligent ou déterminé dans son acte de création de notre univers et celle d’un big bang a déjà été explorée au moins approximativement dans d’anciennes traditions relativement ésotériques autour notamment de grandes religions révélées, comme dans le cas de la kabbale. Elle recourt au Un-Néant-Tout. On peut la synthétiser comme suit :

Au commencement était… Pardon, on ne peut pas ici parler de commencement, car cela se déroule hors espace et hors temps. Le temps n’existant pas, il n’y a pas de début, ni de commencement. Il y a juste une Cause primordiale. Recommençons :

La Cause était Néant, et l’univers était informe et vide. Ce vide était l’unique chose existante. Il n’y avait rien d’autre. Il était unique.

Un = Néant.

Ce vide était tout ce qui existe, la totalité de ce qui existe. Ce vide était informe, indéfini, infini.

Vide = Infini = Tout.

Et donc, Un = Néant = Tout.

0 = 1 = ∞ (infini)

Ceci est l’équation de « Dieu », la Cause primordiale.

Le Un-Néant-Tout « Est », il n’est rien d’autre que cela. Il ne fait rien. Il est potentiellement tout. L’immensité du Néant peut être comblée du fruit des potentialités.

La Cause était Néant, et l’univers était informe et vide.

La Cause « pensa » : que la lumière soit ! Et la lumière fut, étincelle de Vie en expansion fulgurante, elle emplit le cosmos infiniment vide et de ce Big bang naquit la substance lumineuse, les photons…

La Cause « pensa » : que la substance s’organise ! Et la substance forma les galaxies, les étoiles, les planètes…

La Cause est toujours présente, hors du temps et de l’espace. Le Big bang a produit, continue de produire l’Espace-temps. Et pour nous, il y a eu un début, il y aura une fin. Pour la Cause, cela se déroule de toute (notre) éternité, hors du temps et de l’espace. Dans notre univers, la Vie est mouvement. Le mouvement n’existe que dans un espace-temps. Hors de ce dernier, la Cause est Vie, la Cause est Un-Néant-Tout. La Cause est triplicité. La Cause est Vie (Être)-Intelligence (« pensante »)-Amour (organisation cohérente).

Qu’est-ce qui nous pousse à changer individuellement ou collectivement? Est-ce toujours la pression des événements?

Notre intelligence et notre imagination nous permettent de nous projeter dans l’avenir, plus ou moins adroitement, d’envisager ce que nous pouvons ou ce que nous risquons de vivre ou d’être, compte tenu des tendances actuelles. Notre volonté permet, au besoin, de dévier la direction dans laquelle nous nous dirigions. Il n’existe pas nécessairement de pression des événements présents pour nous pousser au changement. Ce que nous vivons actuellement peut nous paraître au contraire particulièrement agréable ou confortable.

Cependant, si notre trajectoire actuelle, par exemple toute droite, croise un mur, il est évident, avec un minimum d’anticipation et compte tenu de notre vitesse ou de notre lancée, que même si cette conduite toute droite est très confortable, il va venir un moment où elle va nous faire nous écraser sur ce mur. En déviant cette trajectoire, on pourra éviter ce mur qui se profile à l’horizon. Au besoin, si le mur est très large et semble couvrir tout l’horizon, on apprend à s’élever dans les airs, pour pouvoir passer par-dessus.

Si l’Humanité, ou une partie influente de l’Humanité, dans sa course actuelle au progrès et au confort se dirige tout droit dans un mur, celui de la limitation des ressources terrestres et de la capacité de la planète à se régénérer, il va nous falloir plus ou moins rapidement et impérativement dévier cette course et au moins commencer par appuyer sur le frein, si l’on veut éviter de nous fracasser contre ce mur. Il va nous falloir, individuellement ou collectivement, exercer notre volonté. Sinon, d’autres, ou une minorité dictatoriale, pourraient le faire pour nous.