Comme réponses, on a le choix :

-       parce que Dieu l’a voulu ainsi (on se demande alors pourquoi il l’a voulu ainsi et pas autrement et pourquoi tant d’êtres souffrent dans leur propre vie);

-       parce que c’est le fruit du pur hasard depuis la création du Big bang (on ne sait cependant alors pas ce qu’il y avait avant ce Big bang);

-       parce que la vie est le principe fondateur de l’univers manifesté. Ouf ! Ici, cela demande quelques éclaircissements qui par leur nature risquent autant de compliquer les choses. La question est-elle simple ? La réponse doit-elle l’être ?

La seule approche qui semble pouvoir concilier l’idée d’une sorte de Créateur plus ou moins intelligent ou déterminé dans son acte de création de notre univers et celle d’un big bang a déjà été explorée au moins approximativement dans d’anciennes traditions relativement ésotériques autour notamment de grandes religions révélées, comme dans le cas de la kabbale. Elle recourt au Un-Néant-Tout. On peut la synthétiser comme suit :

Au commencement était… Pardon, on ne peut pas ici parler de commencement, car cela se déroule hors espace et hors temps. Le temps n’existant pas, il n’y a pas de début, ni de commencement. Il y a juste une Cause primordiale. Recommençons :

La Cause était Néant, et l’univers était informe et vide. Ce vide était l’unique chose existante. Il n’y avait rien d’autre. Il était unique.

Un = Néant.

Ce vide était tout ce qui existe, la totalité de ce qui existe. Ce vide était informe, indéfini, infini.

Vide = Infini = Tout.

Et donc, Un = Néant = Tout.

0 = 1 = ∞ (infini)

Ceci est l’équation de « Dieu », la Cause primordiale.

Le Un-Néant-Tout « Est », il n’est rien d’autre que cela. Il ne fait rien. Il est potentiellement tout. L’immensité du Néant peut être comblée du fruit des potentialités.

La Cause était Néant, et l’univers était informe et vide.

La Cause « pensa » : que la lumière soit ! Et la lumière fut, étincelle de Vie en expansion fulgurante, elle emplit le cosmos infiniment vide et de ce Big bang naquit la substance lumineuse, les photons…

La Cause « pensa » : que la substance s’organise ! Et la substance forma les galaxies, les étoiles, les planètes…

La Cause est toujours présente, hors du temps et de l’espace. Le Big bang a produit, continue de produire l’Espace-temps. Et pour nous, il y a eu un début, il y aura une fin. Pour la Cause, cela se déroule de toute (notre) éternité, hors du temps et de l’espace. Dans notre univers, la Vie est mouvement. Le mouvement n’existe que dans un espace-temps. Hors de ce dernier, la Cause est Vie, la Cause est Un-Néant-Tout. La Cause est triplicité. La Cause est Vie (Être)-Intelligence (« pensante »)-Amour (organisation cohérente).

Tout est hasard !

Le hasard existe et sait très bien ce qu’il fait ! Il est la science infuse des anges. Pourquoi nier son existence? C’est un cadeau que la vie nous envoie, bien emballé, bien ficelé! Affirmez haut et fort qu’il n’existe pas et il vous délaissera pour aller se faire voir ailleurs, là où il sera reconnu et apprécié. Le hasard a le sens de l’humour, le sourire en coin et le clin d’œil entremetteur…

Un grand sage a dit que le hasard était un effet de la Providence quand elle voulait poser un geste incognito… Encore faut-il croire en la Providence et ouvrir les yeux !

Le hasard est un ami

Il accompagne sur les chemins rocailleux de la vie et provoque allègrement dans les moments difficiles. Laissons-le s’exprimer et surtout reconnaissons-le. On nous rabâche les oreilles avec le libre-arbitre. Sommes-nous vraiment libres ou sommes-nous téléguidés, hypnotisés par un quelconque manipulateur ( ou manipulatrice, ne soyons pas sexistes…)? Nous nous érigeons contre la manipulation, et la mondialisation,  sans nous apercevoir que nous sommes à la fois les bourreaux et les victimes. Dans l’ordre et dans le désordre.

Le hasard résonne

Le hasard est la cloche qui tinte et rappelle à l’ordre celui qui s’égare du chemin de sa vie. Le hasard fait partie de la grande famille de nos guides et n’est pas une entité négligeable. C’est la partie concrète, tangible, tridimensionnelle des messages subtils de nos guides. Ce n’est pas tout le monde qui peut entendre les paroles muettes et voir l’invisible dans le noir, mais tout le monde a dit, un jour ou l’autre : C’est un hasard !  Et des gens bien intentionnés ont affirmé, les yeux pudiquement baissés, empreints de la sagesse des gourous de ruelles : Le hasard n’existe pas ! Alors, le monde répète comme des moutons : Le hasard n’existe pas ! avec un petit air entendu, qui se veut un enseignement profond, plein de sollicitude à votre égard, pauvres plébéiens, sans culture ésotérique… N’en croyez rien ! Si vous déduisez que c’est le hasard qui a placé  telle personne sur votre route, suscité tel événement dans votre quotidien, bénissez-le !

L’intuition est l’antenne du hasard

L’intuition ne ment jamais. Ne dit-on pas : Il faut toujours se fier à sa première idée ! Ou encore : La première idée est toujours  la bonne ! C’est après coup, toujours, qu’on s’en rend compte . Parfois trop tard, le mal est fait…Le hasard est le prolongement de l’intuition. Le hasard vient appuyer et renforcer l’intuition : c’est sa matérialisation physique.

On entend dire : Rien n’est laissé au hasard ! Quelle ironie ! Au contraire, tout devrait être laissé au hasard, lui qui sait déjà tout. Qui sommes-nous pour tenter de diriger le hasard et le dompter ?

Le hasard est un grand maître

Laissons-le stimuler notre vie tout en sachant que, de toute façon, nous ne reconnaîtrons pas toujours les écueils qu’il peut nous éviter. Le hasard est comme un scénariste talentueux qui prévoit les moindres détails. Il arrive que le comédien improvise : c’est parfois heureux, parfois moins…Le scénariste connaît toujours l’issue de son œuvre. Le hasard aussi !

Le hasard et l’humilité

L’humilité consiste à reconnaître non seulement l’existence du hasard, mais son talent. Combien de chercheurs ont découvert par hasard ce qui fait leur réputation universelle ?  Le hasard est un compagnon de vie fidèle et dévoué. Laissons-lui la place qu’il mérite, pour notre plus grand bien. On ne provoque pas le hasard, mais on peut l’appeler par son nom et le remercier pour la pertinence de ses actions et la justesse de ses interventions. Surtout, ne niez pas son existence ; il pourrait se vexer et disparaître de votre route. Ce serait vraiment dommage !